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Présentation de mon livre "La Grenouille dans le Billabong"
Extraits du livre de Marie-Paule LEROUX : "Une grenouille dans le Billabong"

….”Mais le joyau de ce petit paradis, c’est «Wineglass Bay». La vue se mérite toutefois, elle n’est accessible qu’en marchant, il faut d’abord escalader un pic de granite abrupt au travers du «saddle», un col, au milieu des orchidées, du lichen, des «bottle-brush» - arbrisseaux dont les fleurs ressemblent à des brosses à bouteilles - pendant quarante cinq minutes, puis redescendre de l’autre côté. Le spectacle est alors éblouissant. Une bande de sable blanc et fin d’un côté, des montagnes de granite rose de l’autre, sertissent en écrin le saphir d’eaux bleues au centre. Au loin, le Cap Dégérando, l’île Schouten et l’îlot des Phoques. Et le «babillage» des cacatoes et des rosellas, de petits perroquets. Un isthme de bush - composé de «Coastal Banksia» aux fleurs jaunes et feuilles en dents de scie et de «Tea Trees» (littéralement arbres à thé), des arbres dont les feuilles odoriférantes (elles sentent le citron) produisent une huile aux vertus thérapeutiques vendue dans le monde entier - sépare cette baie de la plage des «Hazards», qu’Alain et moi aimons à parcourir - au large, l’îlot du Refuge et la Pointe Fleurieu - avant de rentrer à Freycinet Lodge, fatigués après cinq heures de marche, mais émerveillés.“

….”Malgré l’atmosphère insouciante et bon enfant de Richmond, notre première visite à l’une des deux épiceries, presque aussi ancienne que le village lui-même, et que les habitants appellent «Chez Mrs Grice», est, ma foi, loin d’être aussi chaleureuse et accueillante que nous nous y attendions. En effet, après quelques menus achats, nous offrons une coupure de cent dollars pour régler nos emplettes. Quelle n’est pas notre surprise lorsque Mrs Grice en personne, mise en plis grisonnante et bouffante, les sourcils froncés, le regard soupçonneux et l’air revêche d’une directrice de pensionnat de jeunes filles, s’empare du billet vert et se met immédiatement à le palper avec le doigté connaisseur d’un bandit de grands chemins ou d’un employé de la Banque de France (dans le cas présent, de Reserve Bank) puis, pas encore tout à fait satisfaite, l’approche du globe du plafonnier pour en vérifier encore davantage son authenticité. C’est qu’elle est méfiante Mrs Grice, on ne la lui fait pas ! Elle fait partie de ces «piliers» de village à qui rien n’échappe. Véritable baromètre et gazette paroissiale, elle pourrait vous détailler la généalogie complète de chacune des familles installées ici. Les touristes, eux, ils vont et viennent et surtout ils arrivent d’on ne sait où, il vaut mieux être prudent, on ne sait jamais ! Avec le temps, et après s’être, sans aucun doute, renseignée sur notre identité et la raison de notre présence à Richmond, Mrs Grice, nous octroie, peu à peu, l’accueil réservé aux «habitués», qui inclut la météo du jour et les potins locaux. Un signe qui ne trompe pas. Elle devient même l’une de mes clientes. Et puis surtout, chaque fois que Alain pousse la porte du magasin, il a maintenant droit au «How are you mussels ?», comment vas-tu moules ? - c’est du moins ce qu’il comprend au départ - expression qu’elle semble destiner aux clients masculins coutumiers des lieux. Intrigué mais persuadé qu’il s’agit là d’un subtil jargon, Alain ne relève pas mais se demande tout de même pourquoi Mrs Grice le traite ainsi régulièrement de mollusque … et ce, au pluriel en plus ! Ce n’est qu’après bien des mois d’interrogation qu’Alain finit par comprendre que l’expression est, en fait, «How are you muscles ?», comment vas-tu Monsieur Muscle ? (Mrs Grice a également besoin de lunettes !). La prononciation en étant absolument identique ! Ah les mystères de la langue !”
Sommaire du livre
Summary
Mon livre
My Book